Les fabricants d’illusions

Jouer une pièce de théâtre demande non seulement des comédiens mais aussi un personnel technique qui prend en charge les aspects matériels de la production. Beaucoup de corps de métiers y sont représentés, en plus des traditionnels machinistes et habilleuses. Il y a également les menuisiers, les ferronniers, les tapissiers, les accessoiristes et j’en passe. Tous ces métiers ont beaucoup évolué dans l’histoire du théâtre. Les ateliers de construction de décors n’ont longtemps produit que des toiles peintes, des praticables et des châssis réutilisables à l’infini avant d’en arriver aux décors d’aujourd’hui. Les principes des machineries ont peu changé mais la technologie moderne a beaucoup bouleversé leur utilisation. 



La direction technique

Le métier de directeur technique consiste à gérer l’ensemble des activités et des ressources techniques du théâtre et à accompagner les projets de production. Si ses missions peuvent différer selon l’activité du théâtre, le directeur technique garde toujours un rôle essentiel d’interface entre la direction générale et les différents pôles du théâtre. Il s’occupe de la gestion et de la maintenance de la production en adaptant la stratégie de fabrication aux divers sites de production. Il doit veiller au déroulement de la fabrication. Il intervient sur les méthodes, sur la qualité, la sécurité et l’environnement et veille au respect des normes et du cadre législatif. Ses fonctions l’amènent à coordonner le travail des équipes et à l’optimiser. À la fois gestionnaire, technicien et spécialiste du management, il doit également maîtriser des compétences économiques.

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Les ateliers de construction

Comme point de départ, le scénographe fournit une maquette et des dessins au bureau d’études qui en analyse tous les éléments. Son travail est complexe et suit plusieurs étapes. Il effectue un cadrage et met en chiffres toutes les idées et fantasmes du créateur. Ce travail consiste à évaluer le traitement des surfaces (faux marbres, patines, …), le choix des toiles, les mesures, la division des éléments, la visibilité, le choix des techniques et des matériaux (châssis en bois, en aluminium, en fer, …).

Les mouvements des décors sont étudiés : un élément de décor pesant 1000 kg doit pouvoir être déplacé en 30 ou 60 secondes.

Photos © Bruno Bléger

Tous ces choix doivent ensuite être proposés au scénographe. Le bureau d’études pourra alors établir une estimation du prix qui inclut les locations éventuelles, la main d’œuvre et les transports. Il faudra ensuite effectuer les mesures et tous les plans de construction des éléments de décor.

La dernière étape du bureau d’études consiste à répartir le descriptif complet du décor entre les divers ateliers ou sous-traitants avec les plannings de fabrication.


Le régisseur général

Le régisseur général de production qui travaille sur une création fait partie de l’équipe artistique. Il est là dès le début des répétitions et suit le spectacle jusqu’à la dernière représentation. Il fait partie des premiers à mettre la main à la pâte. Il en est la mémoire. 

Le régisseur général travaille à la fois sur hier, aujourd’hui et demain.

Son art est celui de la synthèse, il est le pivot central entre l’équipe artistique et technique. C’est lui qui crée les conditions de travail sur le plateau. Il est celui qui met en œuvre l’organisation humaine et matérielle d’un spectacle. La régie générale d’une production, c’est une disponibilité naturelle pour cultiver les illusions joyeuses et imaginaires des équipes du spectacle. Il aide et assiste les comédiens pour simuler le vrai et rendre possible l’art de la représentation. Il ne peut exercer son travail que si lui-même a une sensibilité artistique. Il met en œuvre tout ce qu’il faut pour permettre aux acteurs l’illusion de leurs gestes et de leurs répliques. Le régisseur général est toujours à l’écoute des problèmes pratiques qui se posent au metteur en scène, aux acteurs et aux techniciens. On compte en général cinq semaines de répétitions et trois semaines d’exploitation pour un spectacle hors tournée. Plusieurs étapes sont liées au bon déroulement de cette aventure.

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Le régisseur plateau

Le régisseur plateau est responsable du décor, de son transport, du montage et de toute la machinerie du spectacle. Pendant la représentation il réalise avec son équipe tous les changements de décors. Le démontage du décor et son rangement lui incombent après l’exploitation du spectacle.

La machinerie de théâtre demeure la face cachée de la mise en œuvre technique. Cet espace durable ou éphémère est le lieu d’évolution de l’artiste. Cela nécessite d’incontournables qualités humaines et de savoir être pour le machiniste. Le terme de machine est conféré à tous les procédés mécaniques à l’aide desquels on produit  sur la scène un mouvement matériel instantané.


Le régisseur lumière

Le régisseur lumière s’occupe de la gestion du matériel et dirige une équipe technique d’électriciens. Il est responsable de l’installation lumière qu’il doit réaliser en fonction de la demande de l’éclairagiste (chargé de concevoir la lumière). Pendant le spectacle, il travaille à la console informatique sur laquelle sont enregistrés les effets de lumière.
Une représentation comporte une centaine d’effets lumineux qu’il faut envoyer au bon moment. Il doit concilier les impératifs techniques et les objectifs artistiques du metteur en scène.


Le régisseur son

Le régisseur son est chargé de la sonorisation d’un spectacle. Il enregistre des sons, musique, paroles, bruits de fond, les mixe en studio, les diffuse pendant le spectacle. Il choisit l’implantation des micros et installe les appareils de sonorisation en fonction du spectacle. Pendant le spectacle, installé dans sa cabine au fond de la salle, il règle et manipule ses claviers, ordinateurs et appareils de mixage afin de restituer le meilleur son au bon moment.  

La durée moyenne d’un montage dépasse rarement une semaine. Il est divisé en plusieurs services et il n’est pas rare de travailler jusque tard le soir !


L’accessoiriste.

L’accessoiriste n’est ni un menuisier, ni un sculpteur, ni un serrurier, ni un peintre. Il est tout cela à la fois. Il est habile, a l’esprit inventif, s’adapte à toutes les techniques de fabrication. À chaque nouvelle réalisation, il lui faudra résoudre un nouveau problème.

L’objet qu’il va réaliser devra présenter des qualités de légèreté, de maniabilité et de résistance. Il pourra être démontable ou déformable. Un accessoire de théâtre, dans la majorité des cas, ne peut se fabriquer en série ni se trouver dans le commerce.

Il n’existe pas de procédé de fabrication propre aux accessoires de théâtre. Certains font partie du décor (un fauteuil), d’autres sont manipulés par les comédiens (une canne ou un livre). Ce sont des objets très particuliers, parfois étranges : des meubles qui se brisent sur commande, une valise qui prend feu. Parfois, il faut reproduire un objet afin de pouvoir le détruire tous les soirs de représentation (papier d’identité, vase). Ce sont toujours des objets faux mais qui semblent réels.

Ce qui rend la tâche de l’accessoiriste particulièrement délicate, c’est cet aspect exceptionnel de l’objet de théâtre, d’où la nécessité pour lui de posséder une grande ingéniosité. Il doit posséder des connaissances en histoire des arts et des styles indispensables à cette activité. L’accessoiriste assure également la mise à disposition des objets pendant les répétitions et les représentations, il veille à leur rangement et à leur entretien.


Les ateliers de couture

L’atelier de couture suit le même type de parcours même si le travail commence souvent plus tard. La maquette du costume est établie par le costumier avant sa fabrication.

Un costume de théâtre est très différent d’un habit traditionnel. Il se travaille en fonction de la scène, de la morphologie du comédien, de l’éclairage. Tout est fabriqué sur mesure. La première phase est la conception du costume par le costumier. Elle est suivie par la phase de matérialisation avec le choix des matières : tissus, teintures, boutons, rubans. En troisième lieu, la phase d’exécution se fait par le biais du patron, de la coupe et de l’assemblage. Après la création d’un patron et la découpe des tissus par les coupeurs, les pièces sont assemblées par les couturiers et couturières. Après une première ébauche suivent les essayages et enfin la finition. Une semaine et demie avant la première, tout doit être prêt. Pendant les répétitions, les comédiens ont des substituts de costumes et il faut souvent attendre le dernier moment pour que le costume final soit prêt. 


Les habilleuses

En passant des ateliers de couture à la scène, les costumes changent de main. Ils deviennent la propriété des habilleuses qui en ont la responsabilité durant tout le spectacle. Avant chaque représentation, ils doivent s’assurer que les costumes sont en place dans chaque loge, accompagnés de leurs accessoires et placés sur la tringle dans l’ordre d’utilisation.

Pas question d’avoir à rechercher ses souliers au moment d’entrer en scène !

Contrôlés tous les jours, ils seront nettoyés, lavés et repassés si nécessaire. Chaque bouton, chaque nœud est vérifié. Les changements se font généralement dans les loges, mais il arrive qu’il faille les effectuer dans les coulisses derrière la scène : pour les besoins de la mise en scène un acteur devait passer de son rôle de prêtre à celui de paysan en quelques minutes (toute l’opération se fait alors très discrètement en coulisses)


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